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"Non à la destruction de la presse économique" : Les rédactions de "La Tribune" et de "Challenges" en grève

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Les deux médias dénoncent "l'atteinte inédite portée au pluralisme de la presse économique dans un paysage médiatique dominé par quelques milliardaires".

Au bord des larmes dans "Quelle époque !", l'épouse de Bernard Arnault revient sur son interview polémique donnée à Marc-Olivier Fogiel - © Lionel Urman / PsnewZ / Bestimage

Deux médias économiques dans la tourmente pour des raisons différentes, mais qui décident de faire front ensemble. Ce mardi 21 avril, les rédactions du site "La Tribune" et du magazine "Challenges" sont en grève. Pour "La Tribune", il s'agit du second mouvement social en l'espace de deux semaines ; la rédaction de "Challenges" vit elle la toute première grève de son histoire.

Deux rédactions en grève pour des raisons différentes"Bien que les périls qui menacent [ces rédactions] sont différents, tout comme les revendications liées à leur mouvement social, les journalistes des deux titres dénoncent d'une seule voix l'atteinte inédite portée au pluralisme de la presse économique, dans un paysage médiatique dominé par quelques milliardaires qui multiplient les entailles à la déontologie, sacrifient les emplois, et abîment les médias qu'ils achètent", dénoncent dans un communiqué commun les deux titres.

Comme cela est précisé d'emblée, les cas des deux médias sont différents : "La Tribune", détenue par Rodolphe Saadé, proteste contre un plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) qui "supprime tous les postes des journalistes de la rédaction économique, et recrée à peine 32 postes dans un "Pôle économique BFM-La Tribune, qui signe la mort à petit feu du titre". "La Tribune" fait en effet partie du groupe CMA CGM, tout comme la chaîne d'information en continu. "'La Tribune' est sacrifiée par son actionnaire, à peine trois ans après son rachat à l'équilibre financier", dénonce le communiqué.

Pour "Challenges", propriété de LVMH et donc de Bernard Arnault depuis la fin de l'année 2025, le problème est ailleurs. L'actionnaire a refusé la discussion au sujet de leur "charte d'indépendance", "en particulier sur le vote par la rédaction portant sur la nomination de son directeur. n'entend plus la respecter après son délai de survie jusqu'à fin mai 2027". La crainte, pour la rédaction économique, d'atteintes à la liberté éditoriale. "Nos deux rédactions rappellent qu'un journal n'est pas une marque comme une autre, et qu'une rédaction ne se transfère pas, ne se démantèle pas, ne se rachète pas sans conséquences durables sur la qualité et la diversité de l'information", conclut le communiqué, avant d'appeler "l'ensemble des rédactions, des organisations professionnelles et des citoyens attachés au pluralisme" à prendre consience de "ce qui se joue aujourd'hui dans la presse économique française."

publié le 21 avril, Fanny Petoin , Puremédias

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