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"Pas une prise de parti" : La SDJ apporte "tout son soutien" à Alexandra Gonzalez convoquée par BFMTV pour son traitement de la condamnation de Nicolas Sarkozy

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La Société des journalistes de BFMTV a publié ce lundi 6 octobre un communiqué en soutien à Alexandra Gonzalez. La cheffe adjointe du service police-justice, convoquée par la direction après son passage à l'antenne lors de la condamnation de Nicolas Sarkozy, est accusée d'avoir pris trop fait et cause pour les magistrats.

Alexandra Gonzalez sur BFMTV, le jeudi 25 septembre 2025. - © BFMTV

Deux semaines après la condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007, Alexandra Gonzalez, cheffe adjointe du service police-justice et présidente de la SDJ de la chaîne, a été convoquée par Camille Langlade, directrice de la rédaction. Selon "Mediapart", qui a révélé l'affaire, il lui a été reproché son "positionnement lors du direct, jugé trop en défense des magistrats et du jugement prononcé contre Nicolas Sarkozy". Puremédias a pu confirmer cette information.

"Rappeler des faits dans un contexte de débat ne peut être considéré comme une prise de parti"Dans un communiqué diffusé lundi, la SDJ a tenu à réagir publiquement. "La SDJ de BFMTV souligne le travail remarquable de la rédaction le jour de la condamnation de Nicolas Sarkozy, grâce à la mobilisation de ses journalistes. (...) La SDJ ne partage pas cette analyse et lui apporte tout son soutien. Rappeler des faits dans un contexte de débat ne peut être considéré comme une prise de parti", écrit l'instance représentative. "La SDJ tient à rappeler que le travail des journalistes de BFMTV est de rapporter et de rappeler les faits, de manière non partisane et rigoureuse, conformément aux principes fondamentaux du journalisme", insiste le communiqué.

Les critiques de la direction trouvent leur origine dans un échange en plateau. Alors qu'Olivier Truchot insistait sur le caractère "probablement faux" de la note libyenne publiée en 2012 par "Mediapart", Alexandra Gonzalez avait rappelé que cette pièce n'était pas l'unique élément de l'instruction, laquelle avait duré dix ans."Ce qui compte, c'est quand même dix ans d'instruction menée par des juges indépendants, pas par des journalistes. Elle ne repose pas sur une note qui est fausse", avait-elle rétorqué, rappelant également que le rôle du journaliste est de publier les informations dont il dispose, y compris en période électorale. L'éditorialiste Alain Duhamel a affirmé qu'il n'aurait "pas sorti une présomption aussi grave entre les deux tours" de la présidentielle de 2012. "Ou alors on se dit que l'électeur doit avoir toute l'information", a répliqué Alexandra Gonzalez.

Cette polémique interne survient dans un contexte de forte concurrence entre chaînes info. Tandis que l'Arcom vient d'être saisie sur le traitement de la condamnation de Nicolas Sarkozy par CNews, BFMTV souffre de la comparaison avec sa rivale. La chaîne de Fabien Namias a atteint en septembre un niveau historique avec 3,9 % de part d'audience, soit un point de plus que BFMTV (2,9%).

La fameuse "note libyenne" publiée par "Mediapart" en avril 2012 est au coeur des débats. Signée par l'ex-chef du renseignement extérieur libyen, elle évoquait un "accord de principe" pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d'euros. Lors du jugement, la présidente du tribunal correctionnel Nathalie Gavrino a estimé que "le plus probable est que ce document soit un faux", faute d'éléments pour en corroborer le contenu. Une appréciation contestée par le cofondateur de "Mediapart", Edwy Plenel, qui rappelle que la justice française a, à trois reprises, débouté Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux de leur plainte pour faux et usage de faux, avant que la Cour de cassation ne confirme en 2019 le non-lieu obtenu par le média, validant ainsi le travail journalistique du site d'investigation.

publié le 7 octobre, Bruna Fernandez , Puremédias

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