"Pourquoi devrait-on continuer de payer pour ce type de contenus ?" : Le rapporteur Charles Alloncle se paye "Drag Race" lors de la commission d'enquête sur le service public
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Le député UDR a estimé mercredi 25 février que le programme de France Télévisions était un flop d'audience, avant d'être repris par Jean-François Rubinstein, le directeur général d'Endemol France.
Les adieux émouvants de Punani dans "Drag Race All Stars" jeudi 31 juillet 2025 - © France 2, Capture d'écran LCP.
Mecredi 25 février, c'est l'état major de la société Banijay Group qui était reçue dans le cadre de la commission d'enquête sur la neutralité du service public. Stéphane Courbit, le président de la société, était accompagné devant le groupe parlementaire d'Alexia Laroche-Joubert, la directrice générale France, du directeur général François Riahi et du directeur général d'Endemol France (filiale de Banijay), Jean-François Rubinstein.
Charles Alloncle évoque le "flop" de "Drag Race France" et se fait reprendre de voléeAu cours de cette audition, les dirigeants de Banijay ont eu à répondre à diverses questions, comme celles du rapporteur Charles Alloncle concernant Nagui (dont la société Air Production a été rachetée par Banijay en 2008) et sa rémunération, ainsi que sur le programme de France 2 et France.tv Slash, "Drag Race France". Selon les dires du député UDR, le programme présenté par Nicky Doll, Daphné Bürki et Kiddy Smile serait un gouffre financier, rejeté massivement par les téléspectateurs. "Depuis 2022, sous l'égide d'Endemol, vous produisez une émission que l'on peut qualifier de téléréalité, 'Drag Race'. Cette émission met en scène un concours de drag queens, c'est-à-dire, selon la définition, un spectacle de travestis excessivement maquillés et vêtus de manière extravagante, a débuté Charles Alloncle, avant de citer quelques propos tenus dans l'émission. "Je vais citer une participante ou un participant, qui explique 'Je suis woke, je suis queer, je suis noir, je suis non-binaire' ou encore 'on est woke et on l'assume'. Ma question est assez simple : pouvez-vous m'expliquer en quoi cette émission répond véritablement à une mission de service public ? Pourquoi est-ce que nous, les Français, on devrait continuer à payer pour ce type de contenu ? Quand j'ai regardé les audiences, j'ai vraiment l'impression que c'est un flop", a ajouté le député, qui a aussi voulu savoir pourquoi aucune close d'audience ne figurait dans le contrat de l'émission.
" Vous parlez de la performance et des résultats du programme. C'est le plus gros succès en terme de programmes de flux sur la plateforme france.tv, a répondu le patron d'Endemol France Jean-François Rubinstein à Charles Alloncle. Je crois que l'un des objectifs, qui fait partie du cahier des charges, en tout cas des objectifs que France Télévisions s'est donné, c'est de réussir à développer ses audiences numériques, toucher des plus jeunes publics. On est sur le programme qui réalise probablement la part d'audience la plus jeune. On était je crois pour Slash sur une moyenne d'âge de 35 ans ce qui est aujourd'hui assez remarquable et exceptionnel dans le paysage audiovisuel français. Et que France Télévisions a décidé de recommander, car elle était justement très satisfaite des audiences", a-t-il conclu.
En 2024, la saison 3 de "Drag Race France" avait réalisé une moyenne de 464.000 téléspectateurs soit 5,0% du public, chaque vendredi en seconde partie de soirée. La saison 2, proposée en 2023, avait fait mieux, avec 521.000 fidèles en moyenne (5,9% de part d'audience). La toute première saison de l'émission avait elle réunit en moyenne 362.000 curieux, après un excellent démarrage lors du tout premier épisode, proposé le 25 juin 2022 : 914.000 téléspectateurs avaient regardé le lancement de l'adaptation tricolore de "RuPaul's Drag Race". Ce premier épisode aurait dû être le seul proposé en linéaire avant de basculer sur france.tv Slash, mais le succès du lancement avait poussé France Télévisions à programmer toute la saison, chaque samedi.
publié le 27 février, Fanny Petoin , Puremédias