"S'ils attaquent, on va attaquer" : Radio France et France Télévisions assignent CNews, Europe 1 et "Le JDD" en justice, Pascal Praud répond
temps de lecture 2 minutes
Radio France et France Télévisions ont saisi la justice, accusant CNews, Europe 1 et le "JDD" de mener une campagne de dénigrement systématique à leur encontre. Une action inédite qui cristallise un conflit médiatico-politique devenu explosif.
Pascal Praud commente à l'antenne l'assignation en justice des médias de Vincent Bolloré par France Télévisions pour "dénigrement" - © CNEWS
Radio France et France Télévisions ont franchi un nouveau cap dans la bataille qui les oppose depuis plusieurs mois aux médias de Vincent Bolloré. Selon des informations du "Figaro", confirmées par une source proche du dossier, les deux groupes publics ont assigné CNews, Europe 1 et "Le Journal du dimanche" pour "dénigrement", un grief constitutif de concurrence déloyale dans le cadre du droit commercial. Les plaintes ont été déposées séparément devant le tribunal de commerce de Paris, même si les deux entreprises publiques se sont concertées en amont.
"C'est dégueulasse ces que font ces gens-là" Sollicités, France Télévisions et Radio France n'ont pas commenté cette démarche judiciaire. Europe 1, de son côté, s'est également refusée à réagir. Sur CNews, en revanche, Pascal Praud a immédiatement répondu à l'antenne. "S'ils attaquent, on va attaquer", a déclaré le présentateur dans "L'Heure des pros 2" ce mardi soir, assurant que les critiques formulées par CNews ou Europe 1 à l'égard de l'audiovisuel public seraient souvent "des réponses" à des attaques préalables. Il en a profité pour cibler une parodie de Bertrand Chameroy sur France 5, qualifié à l'antenne de "dégueulasse". Puremédias vous propose de découvrir un extrait ci-dessus.
Cette montée des tensions trouve son origine dans l'affaire dite Thomas Legrand-Patrick Cohen, survenue en septembre. Une vidéo publiée par le média conservateur contesté "L'Incorrect" montrait les deux journalistes de service public échanger avec des responsables socialistes. Une phrase, prononcée par Thomas Legrand - "Nous, on fait ce qu'il faut pour Rachida Dati" - a été abondamment exploitée par CNews, Europe 1 et le "JDD", qui y ont vu une preuve de connivence entre les journalistes et le PS. Le service public avait immédiatement contesté cette lecture, dénonçant une polémique instrumentalisée.
Face au déluge de critiques, France Télévisions et Radio France avaient déjà saisi l'Arcom en septembre. Dans une lettre commune, leurs dirigeantes, Delphine Ernotte et Sibyle Veil, évoquaient alors une "campagne de dénigrement systématique et quotidienne", particulièrement "outrancière et déséquilibrée". Pour étayer leur plainte, elles avaient joint un montage d'extraits d'émissions de CNews et d'Europe 1 jugés particulièrement virulents. L'Arcom, après avoir auditionné les deux dirigeantes, avait annoncé vouloir "approfondir ses travaux sur l'impartialité du service public".
Ce bras de fer s'inscrit dans un affrontement idéologique désormais assumé. En septembre, Delphine Ernotte avait accusé publiquement la "galaxie Bolloré" de vouloir "peau de l'audiovisuel public" et d'en réclamer la privatisation. "Il faut admettre que CNews est un média d'opinion. Qu'ils assument d'être une chaîne d'extrême droite !", ajoutait-elle dans "Le Monde". Le patron de CNews, Serge Nedjar, avait alors dénoncé un "manque de mesure" de la présidente de France Télévisions.
publié le 19 novembre, Bruna Fernandez , Puremédias