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"Satisfaire la curiosité d'un certain lectorat" : Pierre Palmade fait condamner BFMTV, Voici, Paris Match et Closer à 26.000 euros

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Le comédien a obtenu gain de cause pour les articles sur sa première sortie de l'hôpital le week-end du 6 mai 2023.

Pierre Palmade dans un état critique après un accident de la route - © BestImage

BFMTV.com était devenu le premier site d'actualité de France en février 2023. Le site de la chaîne d'info en continu avait notamment été porté par l'affaire Pierre Palmade, laquelle avait captivé presse, télévision et radio pendant de longues semaines. Le 10 du même mois, l'humoriste, sous l'emprise de stupéfiants, provoquait un accident de la route entraînant l'hospitalisation de trois personnes et la perte d'un enfant à naître. Le sujet avait alors été mentionné près de 30.000 fois dans les médias, selon les données de la plateforme de veille Tagaday pour "Libération", et certaines personnalités avaient fulminé contre la couverture de ce fait divers. À la suite de cet emballement, l'acteur de cette course à l'échalote avait porté plainte contre BFMTV, "Paris Match", "Voici" et "Closer" pour 7 articles et une vidéo décrivant en détail son séjour à l'hôpital après l'accident, ses premiers moments en famille, et sa sortie de prison.

Atteinte à son droit à la vie privéeOr, selon les informations de "L"informé", Pierre Palmade a obtenu en partie gain de cause puisque les quatre médias ont été condamnés à lui verser 19.000 euros cumulés de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée et à son droit à l'image, plus 7.500 euros de frais de procédure. Le tribunal judiciaire de Paris a en effet donné raison à l'ancien comparse de Muriel Robin, estimant que les publications de sa première sortie de l'hôpital portaient atteinte à son droit à la vie privée. Selon les juges, ces articles reposaient essentiellement sur le récit détaillé des faits et gestes de l'acteur et ses relations avec ses proches, dans le but de "spéculer sur son état d'esprit et ses perspectives d'avenir" et de "satisfaire la curiosité d'un certain lectorat".

Les clichés qui accompagnaient ces publications n'avaient quant à eux "aucun lien avec les faits objets de l'actualité judiciaire", et apparaissaient "dégradants et dévalorisants pour l'intéressé, le montrant le visage fermé, dans une tenue négligée et dans un état physique diminué". Prisma Media, éditeur de "Voici", n'a pas fait appel de la décision quand Reworld ("Closer") et "Paris Match" n'ont pas apporté de commentaires sur cette décision.

A lire aussi : "Quand il a été condamné, je me suis dit que c'était bien fait pour lui" : Véronique Sanson, ex-femme de Pierre Palmade, réagit pour la première fois à l'accident provoqué par l'humoriste

"Un feuilleton du réel" qui a captivé les FrançaisEn revanche, Pierre Palmade n'a pas obtenu justice concernant les articles de "Paris Match" et "Voici" sur son quotidien au sein de l'hôpital Paul-Brousse, à Villejuif. Il a en effet été débouté au sujet des reportages illustrés et écrits pas les deux titres sur ses conditions de maintien, repris notamment par BFMTV et "Touche pas à mon poste" sur C8.

Les Français s'étaient passionnés pour ce dossier à rebondissements. Ou plutôt, ces affaires, puisque ce qui était à l'origine un simple faits divers, un accident de voiture, s'était transformé en histoire où volets légaux se mêlaient à des témoignages intimes. Pour Virginie Spies, spécialiste des médias et enseignante chercheuse à l'université d'Avignon, tous les éléments étaient réunis pour créer un "feuilleton du réel". "C'est une affaire qui a tous les ingrédients de ce qu'on appelle la feuilletonnisation : Un accident qui concerne une personne connue, la fuite des protagonistes, des informations qui arrivent au fur et à mesure, des révélations quotidiennes", listait l'experte. Au final, le grand public a "l'impression de vivre cette affaire à chaque instant". Le comédien de 57 ans avait alors été condamné à cinq ans de prison, dont deux ans ferme, qu'il purge finalement chez lui, sous bracelet électronique.

publié le 28 janvier, Olivier Cortinovis , Puremédias

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