"Si c'était à refaire, je le ferais dans un endroit plus discret" : Thomas Legrand s'explique dans "Quotidien" sur la vidéo le montrant avec des cadres socialistes
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L'éditorialiste de "Libération" et France Inter était invité sur le plateau de Quotidien pour s'expliquer sur la polémique dans laquelle il est englué depuis 15 jours.
"A CNews, ce n'est pas possible ! Ils sont dans un fantasme. Ils mélangent le journaliste, l'éditorialiste et le polémiste !" : Thomas Legrand dézingue la chaîne de Pascal Praud et Laurence Ferrari dans "C ce soir" sur France 5 - © France 5
C'est l'affaire médiatique de cette rentrée. Les journalistes du service public, Thomas Legrand et Patrick Cohen, sont englués dans une polémique depuis la mise en ligne d'une vidéo enregistrée à leur insu et publiée par le journal conservateur "L'Incorrect". Cette dernière montrait les deux hommes tenir des propos envers Rachida Dati avec deux cadres du Parti socialiste. Si le chroniqueur de "C à vous" a été dédouané par le comité éthique de France Télévisions, le premier a été temporairement suspendu de France Inter avant de se retirer de son émission de débat hebdomadaire. Ce jeudi 18 novembre, le chroniqueur était invité pour la première fois à la télévision, dans "Quotidien", pour s'expliquer sur cette affaire.
"Il n'y a pas mort d'homme"Dans un premier temps, Thomas Legrand a souhaité minimiser les propos qu'il a pu prononcer à l'encontre de la ministre de la Culture. "C'est une phrase, filmée et montée comme ça, qui est choquante mais c'est un jargon journalistique. Ça fait référence à deux articles que j'avais faits pour 'Libération'. Ce rendez-vous était un rendez-vous avec deux socialistes qui m'avaient sollicité parce qu'ils n'étaient pas contents de papiers que j'avais faits. C'était une explication", a-t-il assuré, fatigué par la dimension prise par cette controverse. "Ce n'est pas très agréable. On se retrouve dans une sorte d'essoreuse avec des cailloux dedans. Mais bon, en même temps il n'y a pas mort d'homme", relativise le journaliste.
Malgré la situation, il n'exprime qu'un regret. "Si c'était à refaire, je le referais dans un endroit plus discret. Mais je me fixe toujours des règles. Quand je déjeune avec des hommes politiques - ce qui est rare -, c'est jamais tout seul en tant que journaliste. Et je ne dîne jamais avec eux", a-t-il martelé.
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"Il suffit de ne pas regarder CNews et Twitter"Mercredi, les présidentes de Radio France et France Télévisions, Sibyle Veil et Delphine Ernotte Cunci, avaient fustigé devant l'Arcom une "campagne de dénigrement" des médias de Vincent Bolloré. La seconde s'était élevée contre CNews, la dépeignant comme une "chaîne d'extrême droite" et affirmant que la galaxie médiatique du milliardaire voulait "la peau de l'audiovisuel public".
Thomas Legrand a d'ailleurs évoqué cette guerre ouverte entre l'audiovisuel public et les médias de la sphère Bolloré. "Quand on est journaliste et qu'on s'occupe des politiques et commente la politique dans un écosystème comme aujourd'hui fait de réseaux sociaux - et quand il y a ce groupe Bolloré qui est là et qui chasse le service public - tous ceux qui font de la politique et essayent de faire de la nuance et des commentaires libres vont passer par cette essoreuse. Mais franchement je vais bien, même pas mal. Il suffit de ne pas regarder CNews et Twitter. Ce n'est pas si compliqué", a-t-il glissé, tout sourire.
publié le 19 septembre, Olivier Cortinovis , Puremédias