Divertissements

"Sur Jean-Marc Morandini, il n'y a pas d'ambiguïté à avoir" : Après son coup d'éclat en direct sur CNews, Sonia Mabrouk défend une sortie qui n'était "pas préparée"

temps de lecture  3 minutes

Mardi matin, la journaliste s'était livrée à un numéro d'équilibriste entre loyauté envers ses employeurs et prise de distance avec son collègue condamné par la justice.

Sonia Mabrouk a dû répondre à l'interpellation de Jérôme Guedj sur le cas de Jean-Marc Morandini. - © CNEWS

C'est une "femme libre" qui a répondu dans sa propre émission à l'interpellation de son invité, Jérôme Guedj, sur "la question légitime" du maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne de CNews. Parfois au bord des larmes, Sonia Mabrouk a utilisé plusieurs fois cette formule pour s'exprimer sur le choix de sa chaîne de ne pas écarter l'animateur condamné pour corruption de mineurs, contrairement à ce que ses dirigeants avaient promis en 2016. "C'est une décision qui ne m'appartient pas", a-t-elle commencé par indiquer dans un numéro de funambule entre fidélité envers son employeur et détachement envers son collègue. "J'ai beaucoup de respect pour ma direction, ma hiérarchie, mais en aucun cas, cela ne vaut de cautionner cela. En aucun cas c'est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d'une gravité réelle", a-t-elle précisé.

"J'ai répondu avec le coeur"Jointe par "Le Parisien" quelques heures après cette séquence, la mère de famille a assuré que cette sortie n'avait pas été "préparée", même si elle s'attendait à ce que cette interrogation lui soit, un jour, posée. "On m'interpelle, j'ai répondu avec le cœur", raconte celle qui jugeait qu'une prise de parole sur le sujet soit nécessaire. "Cela fait 10 ans que ça dure (...) J'ai parlé au nom de beaucoup de personnes", ajoute la présentatrice de "La Grande interview", révélant avoir reçu "beaucoup de messages de soutien" depuis cette intervention, et notamment de responsables politiques.

Sonia Mabrouk certifie également avoir livré le fond de sa pensée à son congénère de CNews, avec qui elle n'est pas très proche. "Je ne veux pas de chasse à l'homme. Je ne suis pas là pour abattre quelqu'un. Ce n'est pas ma mentalité", confie-t-elle. Avant de trancher : "Mais sur ce sujet, il n'y a pas d'ambiguïté à avoir. Ce n'est pas à géométrie variable. Ce n'est pas négociable. La justice française est passée".

A lire aussi : "Nous regrettons profondément la décision prise par le groupe" : Le syndicat autonome de Canal+ monte au créneau après le maintien de Jean-Marc Morandini sur CNews

Le maintien fait grincer des dents en interneCette séquence, qui fait suite aux tensions créées en interne par cette affaire, n'a pas été commentée par la direction de CNews. L'intervieweuse avait choisi de rester sur la chaîne d'information du groupe Canal+, malgré une offre alléchante de BFMTV cet été. Elle espère ne pas regretter son choix. "J'aimerais bien rester. Je pense qu'on me fait confiance", glisse la future maman d'un petit garçon, à l'approche de la prochaine élection présidentielle. Son congé maternité doit normalement commencer "après les municipales", en avril.

Dans un communiqué, le syndicat autonome de Canal+, +Libres, s'était désolidarisé de la décision de sa direction. "Nous apprenons aujourd'hui la décision du groupe Canal+ de maintenir Jean-Marc Morandini à l'antenne, malgré l'arrêt de la Cour de cassation confirmant sa condamnation pour corruptions de mineurs. Avant tout, nous avons une pensée pour les victimes de Jean-Marc Morandini. Nous leur apportons notre soutien et souhaitons qu'elles sachent que nous regrettons profondément la décision prise par le Groupe", pouvait-on lire.

Plusieurs salariés de CNews avaient également raconté, anonymement, leur colère dans les colonnes du "Parisien". "C'est indéfendable et honteux. C'était l'occasion de s'en débarrasser, comme la direction de Canal l'avait promis en cas de condamnation définitive il y a dix ans", a réagi un témoin rencontré par le journal francilien. "En termes d'images, c'est dévastateur pour nous. Comment va-t-on continuer à traiter certains thèmes à l'antenne ? Cela entache les visages de l'antenne de CNews comme la rédaction. On fait un formidable cadeau à nos détracteurs." Beaucoup espèrent une mobilisation massive, comme à l'époque de la reprise d'I-Télé, face à cette situation. Sonia Mabrouk faisait déjà partie des figures de cette contestation.

publié le 21 janvier, Olivier Cortinovis , Puremédias

Liens commerciaux