"Un raccourci hâtif" : BFMTV et sa collaboratrice font leur mea culpa après les propos polémiques tenus dans le "20h BFM"
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Amélie Rosique avait déclaré être "terrorisée" par la menace de "l'intégrisme catholique" dans les prisons françaises.
Les propos tenus par Agnès Rosique ont fait polémique dans le "20h BFM". - © BFMTV
Après la controverse, les excuses. BFMTV a été contraint d'effectuer son mea culpa auprès de ses téléspectateurs, ce vendredi 21 novembre, à la suite de la polémique suscitée par sa chroniqueuse Amélie Rosique. Le mardi d'avant, dans le "20H BFM", la chroniqueuse de la chaîne d'information avait fait part de son inquiétude face à "la montée des intégrismes en général", lors d'un débat lancé par Maxime Switek au sujet de la radicalité accrue des jeunes musulmans en France. "Dans les prisons françaises, c'est de l'intégrisme catholique. Il y a eu un rapport tout récemment de la montée dans les prisons françaises des détenus qui se réclament de cette mouvance extrémiste", avait assuré la journaliste. Et de conclure : "Je crois qu'il y a une recherche de sens et de terreur qui, moi, me terrorise".
Amélie Rosique s'excuse pour le "trouble" crééCes propos avaient immédiatement suscité de vives critiques sur les réseaux sociaux, mais aussi des interrogations à propos des conclusions du "rapport" évoqué par Amélie Rosique. Rattrapé par la polémique, le groupe contrôlé par CMA Média s'est exprimé sur les propos tenus par sa collaboratrice dans un communiqué partagé sur X. "Mardi, une de nos journalistes a fait référence au rapport de l'historien N. Lebourg sur le risque de radicalisation en prison et a fait un raccourci hâtif de ses conclusions", a écrit BFM TV, avant de présenter ses excuses et de "condamner la campagne de dénigrement et de cyberharcèlement" visant la chroniqueuse économie-société.
De son côté, Amélie Rosique a également réagi sur son compte X personnel, regrettant "un raccourci hâtif", qui "a pu semer le trouble chez un certain nombre" de téléspectateurs. Elle a donc réitéré les excuses de son employeur : "Je tiens à m'excuser auprès des personnes qui ont été choquées par mes propos".
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"De la désinformation en direct"Dans son édito, Yves Thréard venait de présenter les résultats de l'enquête réalisée par l'Ifop pour le magazine "Écran de veille" sur l'islam et l'islamisme. Or, selon l'étude, la radicalité religieuse augmente bel et bien en France, mais pas chez les chrétiens... Alors que la part de catholiques a chuté de 83 à 43 % entre 1985 et 2025, la proportion de musulmans dans la population française est, elle, passée de 0,5 à 7 %. Les conclusions de la journaliste ont donc fait bondir les réseaux sociaux, criant à la "désinformation en direct". "La célèbre progression de l'intégrisme catholique dans les prisons françaises qui fait froid dans le dos. Se payer à ce point la tête de ses téléspectateurs, je crois que je n'avais jamais vu", s'est par exemple indignée la journaliste et essayiste Gabrielle Cluzel. "À l'Institut pour la Justice, nous suivons à peu près tous les rapports sur la Justice et la pénitentiaire au jour le jour, et le nombre de fois où l'extrémisme catholique a été évoqué est très exactement de : 0", assure le directeur de l'association œuvrant à la réforme de la justice depuis 2007.
publié le 22 novembre, Olivier Cortinovis , Puremédias