"Une volonté de nous faire paniquer" : Prisma Media, propriété du groupe Bolloré, prévoit un plan de départ menaçant un tiers des salariés
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Le groupe de presse magazine ("Télé-Loisirs", "Femme actuelle", "Capital"...) envisage un plan de départs volontaires qui pourrait concerner jusqu'à 240 postes.
Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France et vice-président de Prisma Media - © BestImage
Le numéro un de la presse magazine en France va affronter un nouveau plan social. Selon la direction et des sources syndicales citées par l'AFP, le groupe Prisma Media, qui comprend les titres "Femme actuelle", "Voici", "Télé-Loisirs" ou encore "Capital" et "Geo", passé sous le contrôle de Vincent Bolloré en 2021, s'apprête à lancer un plan de départ massif. 240 postes, soit un tiers des salariés, devraient être concernés par cette nouvelle mesure qui pourrait être mise en place au premier trimestre 2026. Il s'agit de la troisième vague de départs de salariés de Prisma Media depuis son changement de propriétaire, il y a 4 ans.
"Aucune orientation stratégique n'a été présentée""Les salariés de Prisma sont très en colère face à cette annonce de Plan de Sauvegarde de l'Emploi qui toucherait un poste sur trois. Annoncée à la veille de Noël, c'est perçu comme une volonté de nous faire paniquer", a déclaré à l'AFP le délégué syndical CGT de Prisma, Emmanuel Vire. Selon des sources syndicales, mercredi 17 décembre, c'est un projet de ruptures conventionnelles concernant un nombre trop élevé de postes qui avait été évoqué par la direction, avant d'être refusé par les syndicats. "Le vice-président du groupe, Gérald-Brice Viret, est venu ce matin en CSE [comité social et économique] nous annoncer qu'il prenait acte du refus et qu'ils allaient engager la négociation d'un plan social qui touchera 230 à 240 postes sur 694 CDI permanents", a détaillé Emmanuel Vire, qui déplore une décision actée alors "qu'aucune orientation stratégique n'a été présentée". Un projet de "plan de départs volontaires/plan de sauvegarde de l'emploi" confirmé par l'actuel vice-président du groupe magazine, qui s'est refusé à tout autre commentaire, à l'AFP.
L'annonce de ce plan social intervient moins de six mois après le changement d'organisation à la tête du groupe magazine. Partie pour piloter CMA Media, la directrice du groupe, Claire Léost, avait cédé sa place à la fin de l'été à Arnaud Lagardère. Serge Nedjar, patron de la chaîne CNews, avait été nommé en septembre directeur des rédactions du groupe de magazines. Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, avait lui rejoint le groupe en qualité de vice-président. Un précédent plan de départs avait été envisagé en mai 2025, motivé selon le groupe à l'époque piloté par Claire Léost par "l'érosion du nombre de lecteurs de la presse magazine en France" et la baisse des "revenus digitaux", un "phénomène nouveau". Parallèlement à cela, la rédaction du magazine économique "Capital", inquiète de l'évolution de sa ligne éditoriale, avait mis en place un dispositif de clause de conscience. Une SDJ a aussi été montée il y a quelques jours par des journalistes des rédactions des magazines féminins de Prisma Media, pour "se désolidariser collectivement de toute orientation religieuse, politique, économique des magazines et exercer une vigilance sur les sujets à venir."
publié le 19 décembre, La rédaction avec l'AFP , Puremédias