"Vincent Meslet doit être viré" : Pascal Praud demande à Rachida Dati la tête d'un cadre de Radio France après ses "attaques" contre CNews et Europe 1
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Pascal Praud a critiqué, ce lundi 15 septembre 2025, "une offensive tous azimuts contre ce que les bien-pensants nomment la presse Bolloré, une presse libre et indépendante".
Pascal Praud réplique à l'interview de Vincent Meslet dans "Le Parisien". - © CNEWS
Radio France répond aux attaques répétées de CNews. Sur la lancée de l'affaire Thomas Legrand-Patrick Cohen, Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France, n'a pas mâché ses mots, ce samedi 13 septembre 2025 dans "Le Parisien", contre CNews et Europe 1, "médias militants, d'obsession" qu'il décrit comme étant les "pires adversaires" des médias publics. La réplique ne s'est pas fait attendre. Pascal Praud a disséqué, ce lundi 15 septembre 2025 en ouverture de son émission "L'heure des pros" sur CNews, l'interview "lunaire" de celui qu'il considère comme un "apparatchik du service public que personne ne connaissait avant hier", "un dirigeant aux abois qui perd ses nerfs".
"J'espère que Rachida Dati va dire quelque chose""(Après) son interview, où il démissionne, où il est viré (...) Vincent Meslet doit être viré", a-t-il exigé. "Vous avez un dirigeant du service public payé par nos impôts qui attaque directement CNews, un de ses concurrents, en disant 'C'est nos pires adversaires'", a-t-il résumé avant d'appeler la ministre de la Culture démissionnaire à réagir. "J'espère que Rachida Dati va dire quelque chose. C'est inadmissible, ces gens ont perdu le sens commun (...) ces gens deviennent fous", a considéré le présentateur, qui omet de préciser ici qu'il critique à longueur d'antenne les états-majors des médias publics - il avait notamment taxé Delphine Ernotte de "menteuse" en juin - ou certains programmes qu'il diffuse.
Sur CNews, Pascal Praud a rappelé qu'en 2015, Vincent Meslet avait déclaré à "Libération" avoir "toujours voté" socialiste ou écologiste. "Tous ces intolérants, ces sectaires, ces doctrinaires ne veulent qu'une seule ligne, ils imposent leur récit", a insisté Pascal Praud sur la première chaîne info de France en part d'audience. Il a ensuite - s'inscrivant dans l'idéologie de Jordan Bardella - fait diffuser les images d'un discours du président du Rassemblement national qui a une nouvelle fois appelé à la privatisation de l'audiovisuel public en lui reprochant ses "dérives militantes".
"Généralement nous ne répliquons pas, mais cela va changer", a tonné Vincent Meslet dans "Le Parisien". "Nous ne laisserons pas un concurrent nous déstabiliser. Il faut dire les choses telles qu'elles sont : nous faisons face à un oligopole hostile voulant étendre son influence. Ce dernier écrase les identités des marques qu'il rachète pour qu'elles ne fassent plus qu'une- alimentée par les mêmes auteurs - et augmentent ainsi sa force de frappe. Ce groupe est précisément la négation du pluralisme qu'il nous reproche de ne pas assez défendre. Il est aussi la négation du métier de journaliste puisqu'il considère que faire du journalisme, c'est faire de la politique". Le cadre du service public a enfoncé le clou ce lundi 15 septembre dans une tribune publiée sur X : "La France comprend des médias audiovisuels d'opinion au service d'un projet politique".
"Thomas Legrand (a) involontairement fait un cadeau à nos pires adversaires"Cette polarisation n'est pas nouvelle. Elle a été relancée avec force après la vidéo filmée en juillet 2025 dans un restaurant parisien et diffusée début septembre par le média conservateur "L'Incorrect". Elle montre Thomas Legrand, chroniqueur à "Libération" et France Inter, et Patrick Cohen, qui intervient sur France Inter et dans "C à vous" sur France 5, échanger avec deux responsables du Parti socialiste. Au cours de cette discussion, Thomas Legrand déclare : "Nous, on fait ce qu'il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi".La séquence a valu aux deux journalistes des accusations de connivence avec le PS, venant aussi bien des Républicains que du Rassemblement national et de La France insoumise. Après cette affaire, le régulateur de l'audiovisuel, l'Arcom, doit auditionner cette semaine Delphine Ernotte Cunci et Sibyle Veil, respectivement présidentes de France Télévisions et Radio France. "Ce qu'on peut simplement regretter concernant Thomas Legrand (qui a lâché les commandes de son rendez-vous dominical sur Inter, ndlr), c'est qu'il ait involontairement fait un cadeau à nos pires adversaires", a déclaré Vincent Meslet au "Parisien". "Jusqu'à 80% du temps d'antenne (de CNews, ndlr) à certaines heures était consacré à ce sujet", a renchéri Céline Pigalle, patronne de l'information de Radio France, dans une interview aux "Échos".
publié le 15 septembre, Ludovic Galtier Lloret , Puremédias