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"Vous embrasserez Éric de ma part" : Vif échange en direct entre Marine Le Pen et un auditeur de France Inter, qu'elle qualifie de "vrai-faux électeur du RN"

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Vivement interrogée par un auditeur en colère, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale a estimé qu'il s'agissait d'un "vrai-faux électeur" de son parti, et l'a accusé d'être en réalité un partisan d'Éric Zemmour.

Vif échange entre un auditeur de France Inter et Marine Le Pen - © France Inter

"Elle se fout gentiment de ma gueule, car elle n'a pas beaucoup d'autres arguments". Échange électrique ce matin sur France Inter, entre Marine Le Pen, invitée du "Grand entretien" de la matinale de la station publique, et un auditeur qui s'est présenté comme un électeur du Rassemblement national. Après avoir été interrogée par Nicolas Demorand et Benjamin Duhamel, la patronne des députés RN à l'Assemblée a été vivement interpellée par Hervé, à l'autre bout du fil.

"Je suis très en colère""Bonjour, je suis très en colère contre madame Le Pen", commence cet auditeur, bien remonté. "Parce que je suis un électeur de madame Le Pen, et madame, je vous ai senti extrêmement mal à l'aise au début de l'interview, car vous allez censurer un gouvernement, alors que les socialistes ont fait très fort, je suis désolé de vous le dire. Ils ont fait un coup politique, ils ont réussi, madame, ce que vous n'avez pas réussi à faire : suspendre la réforme des retraites. Je me souviens toujours de votre affiche rouge, en rouge sur fond blanc, où il y avait inscrit : "Non à la réforme des retraites !". Pour l'instant, elle est suspendue jusqu'en 2027. Alors, je vais vous donner un conseil, madame, occupez-vous d'autres choses, occupez-vous, puisque votre boussole, c'est les Français, vous l'avez dit, vos députés l'ont dit, vous l'avez répété à l'envie, je vous propose un autre combat : l'union des droites. Je vous signale que si votre boussole est bien au point, nous sommes 82 % à la vouloir. Voilà".

Des propos vindicatifs qui ont laissé penser à l'ex-candidate à la présidentielle qu'il s'agissait en fait d'un partisan d'Éric Zemmour puisqu'elle a rétorqué : "Vous embrasserez Éric de ma part. Pas Ciotti parce que pour le coup, l'alliance, nous l'avons faite, mais Éric Zemmour peut-être", a-t-elle raillé, en éclatant de rire. Une petite phrase qui a fait sortir de ses gonds Hervé. "Pas du tout ! Vous rigolez, vous rigolez... (...). Elle se fout gentiment de ma gueule parce qu'elle n'a pas beaucoup d'autres arguments. Occupez-vous de l'union des droites madame !", a conclu l'auditeur, visiblement énervé. Un extrait que Puremédias vous propose d'écouter en tête d'article.

"Peut-être pouvez-vous me laisser votre numéro de téléphone""Il y a les vraies fausses suspensions (de la réforme des retraites, ndlr), et puis il y a les vrais faux électeurs du Rassemblement national", a répliqué Marine Le Pen avant de commencer à répondre sur le fond. "Je ne comprends pas le reproche qui est fait, parce qu'encore une fois, ce que propose le Rassemblement national, c'est d'arriver au pouvoir, de gagner un an d'avance en quelque sorte sur l'alternance, et que la réforme des retraites que nous proposons est évidemment beaucoup plus intelligente et beaucoup plus positive pour les Français que cette suspension, dont je ne suis pas du tout sûre, monsieur, je le répète, mais peut-être pouvez-vous me laisser votre numéro de téléphone et je vous rappellerai le moment où cette suspension aura sauté, qu'elle soit mise en application compte tenu de toute une série de manœuvres parlementaires que j'ai d'ores et déjà dénoncées. D'autant que, encore une fois, je vous rappelle, monsieur, que 20 milliards d'impôts supplémentaires vont tomber sur les Français", a-t-elle argué, justifiant la censure que son groupe s'apprête à voter contre le gouvernement Lecornu II.

Cet échange musclé intervient seulement 48 heures après une interview très tendue dans ce même studio. Lundi matin, Jean-Luc Mélenchon, qui était assis à sa place, a peu apprécié les questions de Benjamin Duhamel, et l'interview de plus de 20 minutes a viré à l'affrontement. Le leader des Insoumis aurait même fait un doigt d'honneur en quittant le studio de "La grande matinale", selon des images diffusées par Quotidien.

publié le 15 octobre, Léa Stassinet , Puremédias

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